Quatre Clans, Une Destinée

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 Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan

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Petite Mémoire

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MessageSujet: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Dim 13 Aoû 2017 - 0:16


Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants

Ft le Clan


La journée s’annonçait chaude et ensoleillée. Elle ne différait pas spécialement des autres ; la saison des feuilles nouvelles s’écoulait, pour moi, lentement et en même temps avec une fulgurance telle que je m’étonnais toujours de l’apparition des flocons de neige. Mais cette fois, la léthargie qui imprégnait mon état d’esprit me fit penser aux vétérans qui se prélassaient au soleil, peu soucieux des jours qui leur restaient. Je lâchai un soupir en observant l’activité du camp. Cela faisait bien longtemps que Brise Rêveuse m’avait laissé son rôle de chef, et que, bien trop récemment encore, elle était partie pour toujours. Qu’avais-je apporté au Clan des Flammes, outre la guerre, les blessures, la mort et la souffrance ?

Je levai les yeux vers le ciel et me surpris à penser à ce cher Clan des Lumières. Pendant des lunes durant, je m’étais refusé à croire en leur existence, et cette dénégation demeurait profondément ancrée en moi. Oh, bien sûr, j’avais eu des hallucinations quand j’avais reçu mes neuf vies ; des silhouettes difformes de félins qui avaient rendu l’âme, la plupart m’étant inconnus. Ce jour-là, j’avais perçu les yeux étincelants de ma mère, la mine grave de mon père et des amis chers à mon cœur qui m’avaient quittés. Je souris en apercevant la fourrure uniforme de ma fille aînée, Élue des Nymphes. Puis je fronçai les sourcils : je n’avais pas vraiment fait connaissance avec mes autres enfants. Une boule se forma dans ma gorge. Tout cela était trop récent, tout cela s’était enchaîné trop vite. Je ne parvenais pas à regarder leurs visages sans penser au cri d’agonie de Brise Rêveuse, à ses dernières paroles, à son dernier souffle. Nerveusement, je grattai la terre à mes pattes, devant mon antre. Une partie de moi eût préféré ne jamais les voir naître.

J’expirai longuement par le museau. Parfois, ma vie me paraissait être une immense mascarade. Cependant, mon ambition m’avait menée jusqu’à ce rang honorifique de chef de Clan, et malgré mes erreurs, j’avais toujours été fier d’avoir pu diriger ce Clan, si déterminé et loyal au point d’accepter de mener une guerre pour moi.

J’avais trop longtemps prétendu à Élue des Nymphes que mon état, qui n’allait pas en s’améliorant, résidait dans une pseudo-dépression. Je ne voulais pas qu’elle soupçonnât la maladie qui resserrait son emprise sur moi. Le guérisseur m’avait prévenu ; elle était incurable. Cela provenait très probablement de ma vieillesse ; je souris à cette pensée. Tout me semblait si distant, si éloigné, si abstrait… chaque jour, je peinais un peu plus à effectuer des mouvements extrêmement simples, et depuis peu, cela impactait ma respiration. Peut-être que cette journée serait ma dernière. Mais je conservais de petites bribes de fierté, et c’est en rassemblant ce qui semblait être mes dernières forces que je me juchai sur le promontoire.

Le Clan, lui, devait savoir.

« Que tous ceux qui sont en âge de chasser s’approchent du promontoire… non, que tous les membres du Clan viennent s’assembler ici-bas. » je m’étais sereinement assis, mais je sentais la maladie refermer ses griffes à l’intérieur de moi. « Nous avons vécu des temps difficiles. Et je suis fier que vous tous, ici présents, vous soyez parvenus à surmonter l’épreuve de la guerre. Je pensais qu’elle serait une solution pour nous éviter un conflit bien plus grave, mais je m’étais trompé et je vous demande pardon. » je baissai les yeux pour la première fois, par humilité et respect envers l’unité qui me faisait face. « Vous avez fait preuve d’un courage et d’une loyauté exemplaires. Je vous en serai éternellement reconnaissant. Je vous serai éternellement reconnaissant d’avoir cru en moi et de m’avoir suivi, même je suis certain que la plupart d’entre vous estimait – à juste titre – cette entreprise démentielle. » cette fois, mon regard balaya l’assemblée toute entière. Je me sentais de plus en plus mal ; ma respiration perdait de sa vivacité, ma voix perdait de sa puissance habituelle. « C’est vous qui m’avez permis de pouvoir vous guider, et représenter les valeurs du Clan des Flammes. Et jamais, jamais notre honneur ne sera souillé ! »

Je les laissai digérer ces paroles qui n’avaient rien d’habituel. Je me demandais si aucun chef avant moi n’eût osé prononcer ces mots pourtant sincères. Je fus rassuré en croisant le regard de ma lieutenante, en contrebas.

« Harfang des Neiges… il est t-temps pour toi… de prendre ma succession. J’ai senti dès le premier instant l’ardeur qui émanait de toi, ton altruisme exemplaire et ta générosité hors-normes. Je crois en tes capacités… » je fermai les paupières quelques instants. « Et enfin… je demande pardon à ma fille, Élue des Nymphes, pour avoir prétendu être dépassé par le trépas de Brise Rêveuse. La vérité, c’est q… »

Mon souffle s’emprisonnait dans ma cage thoracique, et ma voix prit une intonation anormalement rauque. Je rassemblai mes forces afin d’achever mon discours :

« La vérité, c’est que j’étais trop fier pour avouer ma maladie grandissante et incurable. Je vous demande pardon, Clan des Flammes, et j’espère que votre pardon m’aidera à m’acheminer vers le Clan des Lumières. »

Sur ces mots, je m’effondrai. Le monde tourbillonna autour de moi. Mes repères se brouillèrent et je sentis mon souffle devenir de plus en plus fastidieux, cependant que la douleur éclatait dans mon corps. Les contours de la réalité se firent plus flous, indistincts ; même ma corporéité m’échappa. Je rendis mon dernier soupir en pensant à Brise Rêveuse, à Élue des Nymphes, et un sentiment de fierté profonde m’envahit en même temps qu’une paix salvatrice.

Il s'agissait bel et bien de ma dernière vie.



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MessageSujet: Re: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Dim 13 Aoû 2017 - 12:51

ÉLUE DES NYMPHES

Il faisait encore beau ce jour-là. Depuis plusieurs lunes déjà, la température montait sans arrêt. Évidemment, parfois les félins du clan des flammes avaient le droit à de longues journées de pluie, mais la plupart du temps, il faisait tellement beau que s'en était indécent. Notre minette blanche se prélassait paresseusement au soleil, savourant la tranquillité d'une journée sans apprenti. Maintenant qu'elle n'avait plus la charge de Nuageux Souvenirs, passé guerrier, elle goûtait à d'agréables jours de paix. Et en plus, personne ne venait l'embêter pour la solliciter dans diverses tâches. Peut-être voyaient-ils déjà que son corps était de plus en plus fatigué bientôt, elle devrait annoncer à tous la bonne nouvelle, essuyant une vague de questions auxquelles elle ne pourrait pas répondre. Bon, elle n'était de toute façon pas du genre à se laisser faire. Elle se roula sur le flanc, repoussant l'annonce de sa tête. Il faisait trop beau aujourd'hui pour songer aux ennuis. La voie de son père s'éleva dans le clan, et la jeune minette gagna la clairière sur la demande expresse du chef. Il sortait son baratin habituel, faisant au passage un point rapide sur la guerre, enfin terminée. Elle se trouva une place dans la foule, sans lâcher son père des yeux. La Nymphe entama une petite toilette, encore détendue.

« ... et je vous demande pardon. », s'excusa soudain son père.

Pourquoi ? Ça ne ressemblait pas à son père de s'excuser comme cela. Et encore moins de reconnaître ses erreurs. Le chef gardait les yeux baissé tandis que sa fille cherchait ses frères et sa sœur du regard, une boule dans la gorge. Elle avait un très mauvais pressentiment. Petite Rubis, Petit Cygne et Petite Étincelle se tenaient près de la tanière des apprentis. Sûrement étaient-ils précédemment en train de chahuter avec leurs aînés. C'était normal, car bientôt, il serait temps pour eux de passer apprentis également. Du haut de son promontoire, Étoile Diaphane reprit la parole.

« Vous avez fait preuve d’un courage et d’une loyauté exemplaires. Je vous en serai éternellement reconnaissant. Je vous serai éternellement reconnaissant d’avoir cru en moi et de m’avoir suivi, même je suis certain que la plupart d’entre vous estimait – à juste titre – cette entreprise démentiel. C’est vous qui m’avez permis de pouvoir vous guider, et représenter les valeurs du Clan des Flammes. Et jamais, jamais notre honneur ne sera souillé !  Harfang des Neiges… il est t-temps pour toi… de prendre ma succession. J’ai senti dès le premier instant l’ardeur qui émanait de toi, ton altruisme exemplaire et ta générosité hors-normes. Je crois en tes capacités… »

Son regard semblait trouble, ses paroles n'étaient plus totalement claires. Il peinait à parler. La Nymphe courut vers sa fratrie, les serrant contre ses poils, presque jusqu'à les étouffer. Son cœur cognait tellement fort dans sa poitrine qu'on aurait presque pu l'entendre à l'autre bout de la clairière. Elle avait peur, tellement peur. Peur de la suite, parce que oui, quelque chose allait suivre. Elle espérait vraiment qu'il se retirait juste chez les anciens pour profiter du reste de sa vie, mais son cœur anticipait mille scénarios. Évidemment, elle était heureuse pour Harfang des Neiges, mais si ça signifiait la mort de son père, elle préférait que rien n'arrive. Maman …

« Et enfin… je demande pardon à ma fille, Élue des Nymphes, pour avoir prétendu être dépassé par le trépas de Brise Rêveuse. La vérité, c’est q… »

Un souffle rauque s'échappa de sa gorge, et la jolie blanche relâcha la pression qu'elle exerçait sur sa fratrie, adressant un regard mêlant reproche et angoisse à son père. La vérité ? Bien évidemment qu'il n'avait pas dépassé le trépas de sa mère. Elle non plus d'ailleurs. Elle repensait encore et encore à celle-ci. À sa mort. À sa vie. 6 lunes déjà, maman …

« La vérité, c’est que j’étais trop fier pour avouer ma maladie grandissante et incurable. Je vous demande pardon, Clan des Flammes, et j’espère que votre pardon m’aidera à m’acheminer vers le Clan des Lumières. »

Et il s'effondra. Tous les reproches silencieux qu'elle lui adressait s'envolèrent face à une inquiétude immense, incontrôlable. Elle tremblait de tête aux pieds, sans parvenir à se contrôler. Des regards se tournaient vers elle, vers eux. Elle pleurait, des larmes dévalant ses joues par dizaines. Malade. Il était malade. Ce n'était pas un mensonge, il allait mourir. Comme Brise Rêveuse. Mourir. Rejoindre le clan des Lumières. Il n'y croyait pas, en plus. Il s'était effondré sur le promontoire. On la regardait. On regardait ses frères, sa sœur. Elle tremblait. Elle pleurait. Il s'était effondré.

Elle bondit brutalement, le regard fou. La Nymphe jouait des coudes pour se frayer un passage jusqu'au promontoire, n'hésitant pas à pousser tous ceux sur son passage. Elle poussait, ne s'excusait pas. De toute façon elle ne savait même pas qui elle touchait. Elle était seule au milieu d'une masse d'inconnue. Arrivée aux pieds du promontoire, elle bondit sans la moindre hésitation. La place sacrée du chef serait souillée par sa présence, elle n'en avait que faire. Il était son père, et celui de trois chatons qui n'avaient pas encore pu profiter de leur mère ou de leur père, il devait se réveiller.

Ses yeux étaient clos. Bon, ça ne voulait pas dire qu'il mort, si ? Elle le toucha de la patte, il ne bougea pas. Il dormait profondément, et alors ? Elle insista. Rien.

« Papa ? PAPA ! » Elle était obligée de se rendre à l'évidence, il était mort. Truffe dans la fourrure de son père, elle sanglotait sans pouvoir s'arrêter, offrant sûrement une image pitoyable au reste du clan. « T'as pas le droit, pas maintenant. Et Petit Rubis ? Petite Étincelle ? Petit Cygne ? T'as pensé à eux ? Papa, et … et moi ? »

Elle releva une tête dévastée et regarda l'ensemble de ses camarades, sans vraiment les voir. Élue des Nymphes faisait non de la tête. Non, il ne se lèvera pas, il ne se lèvera plus. Elle n'osait pas fixer sa fratrie, le chagrin était encore trop vif. Elle n'osait pas fixer ses proches, ne voulant pas trop montrer son visage défait. Elle regarda Harfang des Neiges, inclina la tête, et prononça des mots qui lui déchiraient la gorge de par ce qu'ils impliquaient. C'était assez étrange, elle était plus en hauteur que l'autre femelle, mais s'inclinait devant elle.

« Harfang des Neiges, tu es notre cheffe, maintenant. »

Aucun enthousiasme dans la voie. Bah, c'était normal. Elle replongea la tête dans la fourrure de son père.



Dernière édition par Élue des Nymphes le Jeu 31 Aoû 2017 - 16:18, édité 10 fois
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Nuage de la Biche
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MessageSujet: Re: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Dim 13 Aoû 2017 - 14:57



Ce matin j'avais parcouru la plaine à l'aube, participant à la patrouille matinale. Si j'étais heureuse de ne pas devoir supporter l'étirement des muscles l'après-midi, l'ardeur de la chasse sous le soleil brûlant de nos terres, je devais supporter les chatons qui chahutaient devant la tanière des novices, explosant en petites gouttes savonneuses les bulles de mon sommeil.

Pourtant en cette journée estivale, je pense que personne ne se serait douté du drame qui s'était attardé dans le ciel comme des nuages orageux invisibles, dispersés par la lumière des astres au fil des jours et des nuits. Ou peut-être bien que si finalement. L'appel d'Etoile Diaphane résonna faiblement dans la clairière du camp. Toujours aussi fatiguée et les courbatures persistants dans mes pattes, je me levai tout de même sous cet étrange appel que notre meneur témoignait.


« Nous avons vécu des temps difficiles. Et je suis fier que vous tous, ici présents, vous soyez parvenus à surmonter l’épreuve de la guerre. Je pensais qu’elle serait une solution pour nous éviter un conflit bien plus grave, mais je m’étais trompé et je vous demande pardon. »

Ma gorge se serra. Quelle est donc toute cette signification ? Le meneur semblait bien solennel, et semblait annoncer un grand changement. Et pourtant ses prunelles affichaient une lueur faible, fatiguée. Tous les membres restaient silencieux, comme tous intrigués comme je l'étais. Je jetai un regard à ma mère, cherchant un indice dans ses iris, mais elle aussi semblait interdite aux réponses que je demandais.


« Harfang des Neiges… il est t-temps pour toi… de prendre ma succession. J’ai senti dès le premier instant l’ardeur qui émanait de toi, ton altruisme exemplaire et ta générosité hors-normes. Je crois en tes capacités… Et enfin… je demande pardon à ma fille, Élue des Nymphes, pour avoir prétendu être dépassé par le trépas de Brise Rêveuse. La vérité, c’est q… »

Un hoquet de surprise surgit de ma gorge. Le meneur eut du mal à continuer son discours, et mon coeur palpitait au fond de ma poitrine.

« La vérité, c’est que j’étais trop fier pour avouer ma maladie grandissante et incurable. Je vous demande pardon, Clan des Flammes, et j’espère que votre pardon m’aidera à m’acheminer vers le Clan des Lumières. »

Le meneur s'effondra, ses dernières paroles s'éteignant dans sa bouche royale. Je n'avais aucun mot pour exprimer mes émotions sur le moment. Mais ma pensée allait surtout sur ma mère, mais aussi sur les enfants du meneur. Mon corps ne bougeait plus, je semblais paralysée alors que la fille d'Etoile Diaphane, se pressa à rejoindre son père effondré sur la roche comme un éclat d'etoile fané. Les larmes qui coulaient sur ses joues étaient poignantes, et l'émotion qui stagnait dans le camp semblait palpable, j'avais l'impression qu'une rivière semblait nous avaler.

La mort. C'était la première fois que j'y faisais face. Et c'est la mort de notre chef ici. C'est donc ça ce que les guerriers ont toujours vécu ? Mes yeux se détournèrent du spectacle dramatique. Je ne connaissais pas Etoile Diaphane personnellement. Mais c'était notre chef, notre meneur, notre père dans notre grande famille qui est le clan.

« Harfang des Neiges, tu es notre cheffe, maintenant. »

Sa voix étrange qui perçait le silence du camp, je ne savais comment décrire cet instant. Les oreilles basses, je me redressai alors, avant de m'incliner face au promontoire, les yeux plissés et les moustaches tombantes. D'une voix forte, je prononçai alors avec une certaine assurance qui me perturbait moi-même. Ce n'était pas un viva que je lançai au clan. J'étais fière de ma mère, mais j'étais surtout horrifiée par les circonstances. Mais il fallait pourtant rester noble, et affronter les événements à suivre. Bien que je n'appréciais pas Jolie Fleur, dans ma tête une petite voix s'adressa à elle en lui souhaitant bien du courage.

« Etoile des Neiges. »


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Couronne de Lierre
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MessageSujet: Re: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Lun 14 Aoû 2017 - 11:08

La saison des feuilles nouvelles avait apporté son lot de chaleur, et Couronne de Lierre était bien content d'habiter les landes puisque les rafales de vent qui provenaient de ces dernières permettait aux félins du Clan des Flammes de ne pas trop souffrir de la température. Sous sa masse de poils noirs, le jeune guérisseur était le premier touché par cette vague de chaud et il allait régulièrement se rafraîchir. Mais ses pensées allaient droit vers Étoile Diaphane, qui souffrait d'une maladie incurable et qui s'était récemment propagé jusqu'aux poumons. Respirer devenait difficile pour le mâle blanc, et avec ce climat lourd, il ne devait que subir chacun de ses souffles. Alors, lorsque le matou ébène aperçut son meneur prendre place sur le Promontoire et débuter un discours particulièrement encourageant, le guérisseur aux yeux verts comprit qu'il ne tarderait plus à rejoindre leurs ancêtres, là-haut.

Il écouta les paroles du félin malade d'une oreille peu attentive. Il ressassait le moment où Esprit Flamboyant, son mentor, avait détecté la maladie chez l'animal au poil clair. Étoile Diaphane avait simplement demandé à ce que le diagnostic soit tenu secret, et ainsi à la mort de l'ancien guérisseur, c'est Couronne de Lierre qui avait fait le serment de se taire. Les lunes étaient passées et il se souvenait d'ô combien il avait été difficile de cacher à sa belle Élue des Nymphes les problèmes de santé de son paternel. Aussi s'en voulait-il grandement aujourd'hui de découvrir le visage déconfit de sa bien-aimée devant les aveux du vieux chef. Et lorsque le leader dévoila au Clan son secret, Couronne de Lierre s'en sentit responsable et eut la désagréable impression que tous les yeux étaient rivés sur lui, plein de reproches. Mais le mâle à la longue pelisse restait de marbre, ne dit aucun mot avant que l'Étoile ne s'éteigne, avant que sa fille ne se jette sur son corps inanimé, avant que tous les guerriers ne prient silencieusement.

Le guérisseur tenta d'ignorer les sanglots de sa compagne secrète, il essaya de ne pas venir se blottir contre son doux pelage blanc et de ne pas lui lécher tendrement le front en la serrant contre son propre flanc. Et il y parvint, avec la sensation qu'on lui arrachait le cœur.

« Harfang des Neiges, tu es notre cheffe, maintenant. »

Les mots de la fille du défunt trancha le silence qui s'était alors installé dans le Camp. Le regard vert de lierre du guérisseur se posa sur sa confidente de toujours, et sur sa meneuse de demain. Enfin, et pour la première fois depuis le début de la scène, il s'avança, quittant le seuil de son antre. Couronne de Lierre était toujours discret et secret, mais aujourd'hui, il le savait, beaucoup de félins compteraient sur lui. Les successions de pouvoir étaient les rares occasions où tous devaient compter sur le guérisseur.

« Étoile des Neiges. » finit par déclarer Nuage de la Biche.

Parce qu'elle était encore très jeune, et parce qu'elle occupait une place spéciale dans son cœur, Couronne de Lierre ne répondit pas d'un ton sec et amer, mais il déclara simplement de sa voix grave, obtenant facilement l'attention du Clan :

« Le Clan des Lumières est le seul capable de nommer les Étoiles, Nuage de la Biche. Harfang des Neiges n'est pas encore meneuse, elle devra rendre visite à nos ancêtres pour recevoir ce titre, et ses neuf vies. » Il marqua une pause puis reprit, en plongeant son regard dans celui de la future chef. « Nous partirons demain, à la première heure. » Puis il balaya l'assemblée du regard et termina, d'un ton solennel. « Pour l'heure, Étoile Diaphane mérite sa veillée. Je pense que personne ici ne pourra dire le contraire. »

D'un signe de la queue, il invita Harfang des Neiges à le rejoindre, lui qui s'avançait déjà vers le corps inerte de l'ancien meneur. Elle devait être perdue, devant toute cette foule. Il devrait l'accompagner, à présent il serait son lien direct avec le Clan des Lumières. Le guérisseur au poil sombre profita de l'instant pour se placer près de sa belle, mais il ne dit rien. Il ne pouvait pas se permettre de lui parler trop souvent, sous peine d'éveiller les soupçons.
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MessageSujet: Re: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Lun 14 Aoû 2017 - 16:45


Je m'étais levée avant tout le monde, même le soleil. J'avais besoin de canaliser mon énergie, de dépenser mes forces pour mon clan. J'avais quitté la pouponnière, laissant les petits d'Etoile Diaphane seuls. J'avais au préalable demander aux reines de veiller sur tout les petits que j'avais sous ma protection. Je sortais par la suite, saluant avec rapidité le garde avant de m'enfuir sur mes terres. Le garde, habitué à mes sorties plus que matinales ne m'avait posé aucune question.

C'est au levé du jour, après une chasse fructueuse que je revenais à ma sainte patrie. Je déposais mes deux proies sur la pile conçue à cette effet avant d'entendre l'appel d'Etoile Diaphane voulant que tout le monde s'approche du promontoire.. Même ceux qui n'était pas censé y être d'habitude.

"-Nous avons vécu des temps difficiles. Et je suis fier que vous tous, ici présents, vous soyez parvenus à surmonter l’épreuve de la guerre. Je pensais qu’elle serait une solution pour nous éviter un conflit bien plus grave, mais je m’étais trompé et je vous demande pardon. Vous avez fait preuve d’un courage et d’une loyauté exemplaires. Je vous en serai éternellement reconnaissant. Je vous serai éternellement reconnaissant d’avoir cru en moi et de m’avoir suivi, même je suis certain que la plupart d’entre vous estimait – à juste titre – cette entreprise démentielle. C’est vous qui m’avez permis de pouvoir vous guider, et représenter les valeurs du Clan des Flammes. Et jamais, jamais notre honneur ne sera souillé !"

Intriguée, je tournais la tête avant de m'avancer au fil de son discours. Jouant des épaules pour me retrouver dans le premier rang, au pied de son perchoir. Plus son discours avancé et plus sa force, son timbre de voix s'éteignait. Je ne comprenais pas du tout la situation, ni la raison de cette assemblée. Mes oreilles baissaient en arrière, je sentais un mauvais pressentiment nous frapper. Il faisait une pause par la suite, croisant mon regard. Je ne pouvais détacher le mien de sa pelisse. Il reprenait par la suite :

"-Harfang des Neiges… il est t-temps pour toi… de prendre ma succession. J’ai senti dès le premier instant l’ardeur qui émanait de toi, ton altruisme exemplaire et ta générosité hors-normes. Je crois en tes capacités… Et enfin… je demande pardon à ma fille, Élue des Nymphes, pour avoir prétendu être dépassé par le trépas de Brise Rêveuse. La vérité, c’est q… La vérité, c’est que j’étais trop fier pour avouer ma maladie grandissante et incurable. Je vous demande pardon, Clan des Flammes, et j’espère que votre pardon m’aidera à m’acheminer vers le Clan des Lumières."

Son état s'empirait rapidement au fil de sa dernière tirade. Sa voix devenait rauque. Il arrivait à peine à finir son discours quand il s'effondrait sur le promontoire. Comme tous, j'étais abasourdie par la nouvelle de sa maladie et son effondrement soudain. Je restais sur place. Ne réalisant pas encore la situation.

Elue des Nymphes était la première à réagir. Elle s'avançait avec difficulté jusqu'au promontoire. J'entendais les grognements des guerriers bousculer sur son passage. Je ne relevais même pas la tête, restant fixer sur le corps d'Etoile Diaphane, gisant sur son promontoire. Elle grimpait sur ce dernier, essayant de faire réagir son père. Elle ne pouvait pas imaginer qu'il soit partit de cette manière, si vite. Moi non plus, je ne pouvais pas l'imaginer. Les larmes chaudes parcourant toujours ses joues, la guerrière me montrait un signe de respect en annonçant avant de replonger sa tête dans la fourrure de son défunt père :

"-Harfang des Neiges, tu es notre cheffe, maintenant."

J'étais comme paralysée. J'avais l'impression de voler la place d'Etoile Diaphane. Je n'avais jamais aspiré au pouvoir et m'en voilà charger. Il y avait tellement de choses à penser. Je ne savais pas vraiment par quoi commencer. Sans compter le nom d'Etoile que venait de m'affubler ma fille. Je me sentais d'autant plus mal. Mes épaules s'affaissaient, jetant un regard à Elue des Nymphes avant de chercher du réconfort vers Esprit Flamboyant.. Oubliant pendant un instant qu'il avait lui aussi quitter ce monde pour celui des ancêtres. Mon ami de toujours n'était plus là pour m'épauler. Nuit d'Aurore n'était également plus de cette terre.

Couronne de Lierre faisait à son tour son entrée sur la piste. C'était lui qui allait tous nous relever. C'était une des tâches du guérisseur. Son mentor n'étant plus parmi nous, s'était à lui d'inspirer le clan.. Pas à moi. Je ne pouvais faire cela. Une fois la foule passée, il annonçait :

"-Le Clan des Lumières est le seul capable de nommer les Étoiles, Nuage de la Biche. Harfang des Neiges n'est pas encore meneuse, elle devra rendre visite à nos ancêtres pour recevoir ce titre, et ses neuf vies."

Il marquait par la suite une pause, se tournant vers moi. Son regard croisant le mien, me rassurait quelques peu avant de reprendre :

"-Nous partirons demain, à la première heure. Pour l'heure, Étoile Diaphane mérite sa veillée. Je pense que personne ici ne pourra dire le contraire."

Il m'invitait à le rejoindre. Après un instant d'hésitation, je le rejoignais. Il avait raison.. Nous devons veiller notre meneur. Etoile Diaphane et moi n'étions pas vraiment proche mais nous avions un respect mutuel.
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MessageSujet: Re: Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants. | Clan   Mer 25 Oct 2017 - 14:06

Des rayons de soleil filtraient la tanière des guerriers quand Jolie Fleur se réveilla. Ni une ni deux, la féline s’éclipsa de son nid pour commencer une nouvelle journée. Une bonne partie du Clan était déjà au travail tandis que le reste s’éveillait doucement. Jolie Fleur cligna plusieurs fois des paupières pour habituer ses yeux à la lumière, bailla puis s’étira. Elle se demanda ensuite quelle patrouille elle allait rejoindre, espérant ne pas se retrouver dans la même que celle d’Astre du Blizzard.
« Que tous ceux qui sont en âge de chasser s’approchent du promontoire… non, que tous les membres du Clan viennent s’assembler ici-bas »
Jolie Fleur dressa les oreilles. Que se passait-il ? Elle n’avait même pas vu Étoile Diaphane monter sur le promontoire. Le matou avait une mine déplorable, cela n’annonçait rien de bon dans la suite de cette annonce.
« Nous avons vécu des temps difficiles. Et je suis fier que vous tous, ici présents, vous soyez parvenus à surmonter l’épreuve de la guerre. Je pensais qu’elle serait une solution pour nous éviter un conflit bien plus grave, mais je m’étais trompé et je vous demande pardon. »
Étoile Diaphane qui s’excuse ? La guerrière tricolore commençait vraiment à s’inquiéter. Elle risqua un coup d’oeil vers ses camarades, mais tous étaient tournés vers leur meneur. Jolie Fleur gratta le sol avec une de ses griffes. Il était impossible que le chef rassemble tout le monde simplement pour cela.
« Vous avez fait preuve d’un courage et d’une loyauté exemplaires. Je vous en serai éternellement reconnaissant. Je vous serai éternellement reconnaissant d’avoir cru en moi et de m’avoir suivi, même je suis certain que la plupart d’entre vous estimait – à juste titre – cette entreprise démentielle. C’est vous qui m’avez permis de pouvoir vous guider, et représenter les valeurs du Clan des Flammes. Et jamais, jamais notre honneur ne sera souillé ! »
Jolie Fleur avait l’impression que les paroles d’Étoile Diaphane ne correspondaient pas à son expression. En effet, le chat semblait triste et fatigué de parler. Cependant, la guerrière tricolore se sentit quelque peu comblée par les propos du chef. Il parlait étonnamment bien et reconnaissait ici les avis des uns et des autres sur la guerre passée. Jolie Fleur éprouvait une certaine fierté mêlée à du respect envers son meneur. Elle avait presque oublié qu’Étoile Diaphane n’avait pas encore fini...
« Harfang des Neiges… il est t-temps pour toi… de prendre ma succession. J’ai senti dès le premier instant l’ardeur qui émanait de toi, ton altruisme exemplaire et ta générosité hors-normes. Je crois en tes capacités… enfin… je demande pardon à ma fille, Élue des Nymphes, pour avoir prétendu être dépassé par le trépas de Brise Rêveuse. La vérité, c’est q… »
La chasseuse calico avait ouvert la gueule, les yeux clos. Elle ne comprenait plus rien. Elle sentit un frisson lui parcourir le corps, dans l’optique que la vérité éclate.
« La vérité, c’est que j’étais trop fier pour avouer ma maladie grandissante et incurable. Je vous demande pardon, Clan des Flammes, et j’espère que votre pardon m’aidera à m’acheminer vers le Clan des Lumières. »
À peine eut-il finit ses mots que le matou s’écroula sur le promontoire. Jolie Fleur sursauta, prise de panique. Comment avait-elle pu ne pas voir la maladie d’Étoile Diaphane. Les larmes aux yeux, Jolie Fleur observa Élue des Nymphes rejoindre le Promontoire pour se pencher vers le corps agonisant de son père. La scène était affreuse à voir. L’incompréhension régnait dans le Clan entier et Jolie Fleur resta pétrifiée jusqu’à ce qu’une voix prenne le dessus sur les murmures :
« Harfang des Neiges, tu es notre cheffe, maintenant. »
Impossible de se réjouir. Pourtant, il s’agissait de la mère de Jolie Fleur. Une brave guerrière toujours exemplaire et dont la chatte calico était très fière. Mais cette mort... Si imprévue, si terrible ! Il faudrait du temps pour accueillir avec bienveillance Harfang des Neiges comme nouvelle meneuse du Clan des Flammes.
« Harfang des Neiges n'est pas encore meneuse, elle devra rendre visite à nos ancêtres pour recevoir ce titre, et ses neuf vies. Nous partirons demain, à la première heure. Pour l'heure, Étoile Diaphane mérite sa veillée. Je pense que personne ici ne pourra dire le contraire. »
Jolie Fleur acquiesça. Les paroles du guérisseur étaient justes et il semblait être le seul à s’exprimer de façon raisonnable. Ainsi, le Clan entier se calma, l’esprit désarmé mais avec la conviction d’avoir eu un chef honorable ayant mérité ce rang si difficile de meneur.
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